Escale Marocaine

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En 1998, nous étions en route à bord d'Aquarelle pour l'Afrique de l'Ouest, et je ne pouvais manquer les superbes escales Marocaines qui jalonnent cette portion de l'Atlantique.

Casablanca et sa superbe architecture coloniale, Safi et ses poteries, Essaouira la superbe, et enfin Agadir aux portes du désert

Il existait dans les ports une grosse activité de pêche, chantier naval et charpentier,réparation de filets etc....

 

 

 

Les filets d'Essaouia (Huile sur toile  format 80 x100cm)

A cette époque un voilier en escale dans ces ports dédiés uniquement à la pêche, était très rare, presque incongru.

Rien de commun entre le plaisancier Français en escale forcée pour cause d'avarie (je venais de fausser l'arbre d'hélice) et le patron pêcheur qui accoste pour faire de la glace.

Dans ce bassin je ne manœuvrais plus parmi le va et vient des chalutiers, comptant sur mon erre pour accoster, je me sentais transpercé par quelques dizaines de paires d'yeux qui ne voulaient rien manquer de la fin de balade de ma belle coque immaculée parmi les épaves,et les détritus d'un fond de bassin à Agadir.

D'un regard, il compris la situation, d'un geste fit cesser l'hostilité de ces matelots, donna un ordre pour m'aider, il m'accepta à couple pour la nuit, puis négocia pour moi auprès des autres patrons pêcheurs, 48 h de disponibilité du plan incliné.

Je lui offris quelques conserves, il m'offrit le thé

Je lui parlais de mes souvenirs de pêche sur les chalutiers Rochelais, il me parlait de son avenir angoissant, des zones de pêche envahies par les chalutiers Coréens

Je lui parlais de notre vie en France, de l'avenir incertain de nos enfants;

Il me parlait du Maroc, de ses enfants qui ne pourront sans doute jamais être comme lui et comme son père , patron pêcheur.

Il n'était jamais monté à bord d'un voilier, je lui fis l'honneur de mon bord.

Et pour une soirée, dans l'intimité du carré, j'ai oublié les odeurs de poisson, j'ai oublié ma belle peinture de coque,et mon arbre tordu.

Par quelques gouttes de bon cognac,il a oublié ses soucis et les interdits de sa religion.

J'ai oublié son nom, mais je garde pour longtemps encore le souvenirs d'une merveilleuse soirée, entre marins que tout sépare et pourtant si proches.

 


 

 

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