Naissance d'un rêve...

Publié le par ailleurs

Autour du monde en voilier

Naissance d’un rêve

Pour débuter ce blog, c’est de cette aventure, cette passion d’une vie (l’autre étant bien sur la peinture) que je vais vous parler, de ce rêve qui me pris la tête dans les années 70, fait de nature et de liberté (nous étions encore proche de mai 68) de grand départ sur l’océan,  de vie sans contraintes au soleil des mers du Sud, bref  un mélange d’utopie hédoniste et de bohême, bien dans l’air du temps.

Je vous raconte ici dans un premier chapitre (il y en aura 4 dans les prochains mois) les 35 années que furent :

 - La  naissance d’un rêve

 - Les années de construction

 - La croisière d’Aquarelle

 - La rénovation

 - L’Aquarelle aujourd’hui

Pour moi, et pour beaucoup d’autre, cette idée pris corps par les lectures d’Alain Gerbault, de Moitessier, des Damiens et de bien d’autres de ces premiers navigateurs tour du mondiste, un rêve qui devint vite obsessionnel.

Par mon grand-père, j’avais pu acquérir une baleinière à voile de 7m, premiers bords, premières nav au delà des pertuis charentais, premier constat que naviguer c’est bien différent de ce qu’on en lit au coin d’une cheminée, premières armes sur l’Arpége d’un copain. Bien sur à l’époque, point de Gps, il y avait au mieux la gonio, et puis il fallait apprendre à entretenir  l’estime,  l’art de ne pas trop surestimer sa vitesse, sans pour autant sous-estimer  les courants, rajouter de la dérive, au final vous réussissiez surtout à vous embrumer le cerveau, plus encore que la brume bien réel qui cernait le bateau.

                                                           La balénière l'Aventura
Mais c’est une autre histoire.

Donc pour le concrétiser mon rêve, il me fallait posséder autre chose qu’une baleinière, un voilier d’au moins 11 à 12m,

 Et à cette époque 10m c’était déjà très grand !

En 1975, à 23 ans rien ne me paraissait impossible, ma génération  vivait  dans un nuage d’insouciance, le chômage n’existait pas ou si peux, le sida non plus, et la croissance allait bon train, je gagnais bien ma vie, mais j’étais quand même loin de pouvoir m’offrir un ketch, fusse d’occasion.

Pourquoi un ketch  me dirait vous ? Parce qu’à cette époque, une dose de lecture, plus une dose d’inexpérience dans un grand verre d’idées reçues, faisais que, pour aller dans les alysées, il vous fallait obligatoirement un ketch, avec forcement un cockpit minuscule, forcement en acier, et avec une bulle de plexi dessus –en somme sous les tropiques un parfait sanatorium flottant !!.

Parallèlement dans ces années là, la construction de voiliers avait beaucoup évolué, jusque la cantonné au bois en bordé classique, la plaisance plastoc explosait, et avec elle l’industrialisation des chantiers. En professionnel ou en amateur on s’est mis à construire en contre plaqué, en plastique, en acier, en alu, et même en ferro ciment.

 

Ce que je voulais, que je ne pouvais acheter, je me suis dit que je le construirais.

 

C’est ainsi que petit à petit, au fil de mes promenades le long des quais de La Rochelle je suis rentrée dans la peau d’un constructeur amateur, qui comme tant d’autres à cette époque ont fait pousser des coques de voilier dans leur jardin, en lieu et place de leurs patates.

Apres avoir écumé dans les Charentes et ailleurs, tout ce qui existait en matière de chantier naval amateur, j’arrivais à cerner les grandes lignes de mon projet, surtout les ecueils à éviter.

Car bien sur, les amateurs construisais avec plus ou moins de bonheur, et si j’ai pus voir des coques superbes, des projets très abouties par des équipes qui se lançait dans des chantiers très gros de 15m et plus, Belle Lurette, (réplique d’un plan Alden en ferro ciment), Parsifal, Saint-james (plan Bombigher) etc.) Il m’est arrivé aussi de visiter des galères terribles, des bateaux presque terminés, mais avec des défauts rédhibitoires, aussi laid, qu’ils seront mauvais en mer, s’ils y arrivent (et à condition  qu’il puisse être homologué)

En tout cas d’un espoir de revente nul, tout ce temps et cet investissement perdu, parce que le brave garçon aura pensé au départ, gagner 4 sous, en pompant dans une revue nautique, un vague schéma de voilier, ou carrément en s’imaginant des compétences d’architecte naval. Que de souvenirs ces visites de chantiers !

Maintenant, on ne s’étonne plus de rien, mais à l’époque, quand vous cherchiez votre chemin, ça jazzait dur dans les campagnes ! : « Pardon mon brave, je cherche un monsieur qui construit son bateau par là » « olé là, mon gars, tout dré, pis à gauche, te verra, lés tellement grand s’batia, qui sort d’la grange des 2 bout, y savons même point s’qu’il en fra de s’batia, vu  qu’y a pas la mer, et qu’y a pu d’eau dans la rivière, y suis sur qu’ l’ai tout fou tiau gars , l’a même fait avec do ciment et à l’envers, ya pas idée d’faire d’ méme, y suis sur qu’l’ai tout fou tiau gars, olé sur, y’ai jamais rin vu d’pareil  !!!

 

Fort de ces riches expériences, j’ai éliminé les bateaux à bouchain, s’est idiot mais pour moi, artiste, une belle carène doit être comme une femme, en forme, et pas à bouchain ! De plus dans mon esprit, un bateau laid ça ne peux pas marcher aussi bien qu’une jolie carène, aux lignes d’eau tendu. Idées pre-conçues sans doute, mais j’en avais plein à l’époque !!

 Du même coup mon rêve ne pourrait  être ; ni en acier, ni en alu, il me restait à choisir soit : le bois moulé, le ferro ciment, ou le polyester.

Le ferro ciment pour ce que j’avais pus en voir et en lire, (j’étais un abonné de la revue Loisirs Nautiques) me faisais un peu peur, on en voyait beaucoup en construction, mais ensuite, très peu sur l’eau, et aucun rentrer d’une transat. Le bois moulé me tentait bien, les Schpountz de Bombigher notamment, mais un tel déplacement, et un gréement aurique me paraissait démesuré. De plus cette technique, ne souffre aucun défaut de collage au niveau des liaisons et du bois tranché

J’ai donc réalisé 2 ou 3 gouaches complété par les croquis, du magnifique voilier que j’avais dans la tête : une vague ressemblance avec l’endurance 44, de P Ibold, en plus élancé, sans quille longue, avec un gréement de goélette,  car j’avais été séduit par les plans de Damien 2 dessiné par Michel Joubert.

J’ai envoyé mes dessins et un petit cahier des charges, à 4 ou 5 architectes, Jean Michelot qui avait surtout dessiné des chalutiers et des bateaux de service m’a répondu et accepta de  réaliser  les études, à partir de mes dessins,  d’une goelette de 13,50 m en polyester, je n’eu pas à regretter le choix de cet Architecte. Nous étions en 1978, un an plus tard, je recevais une liasse de plan, un cahier technique, et la recommandations de visiter son chantier de construction de gros chalutier en polyester,en guise de stage de formation.

 

 Dans le prochain article je vous raconterai, les années de  construction de 78 à 1988.











La naissance du rêve : l'Aquarelle

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Pich 18/01/2009 09:39

Chapeau au constructeur d'Aquarelle et bienvenue dans la communauté "Reportages marins".

Pich

MARTIN JEAN FRANCOIS 28/05/2008 07:38

bonjour jp
tres bien ton blog et tres interressant.j attends la suite avec impatience
sinceres amities
jf/tiki